cul


cul

cul [ ky ] n. m.
XIIIe; lat. culus
1Fam. Derrière humain. arrière-train, croupe, 2. derrière, fesse, 1. fessier, fondement, postérieur; fam. 3. baba, croupion, derche, lune, panier, pétard, popotin, train. Tomber sur le cul. Il en est resté sur le cul, très étonné. Renverser cul par-dessus tête. basculer, culbuter. Aller cul nu. Vulg. Le trou du cul : l'anus. — Donner, recevoir des coups de pied au cul, dans le cul. Botter le cul à qqn. Loc. fig. Se taper le cul par terre. Avoir des couilles au cul. Coûter la peau du cul. Avoir le cul entre deux chaises. Parle à mon cul, ma tête est malade : je ne t'écoute pas. Avoir le feu au cul. Lécher le cul à qqn. lèche-cul. Être comme cul et chemise. Vulg. En avoir plein le cul. L'avoir dans le cul : être trompé, attrapé (cf. Être baisé). Se casser le cul : faire des efforts démesurés. Péter plus haut que son cul : « viser trop haut » (A CAD. ). — Tirer au cul : travailler le moins possible sous de mauvais prétextes, en simulant. ⇒ tire-au-flanc.
Animaux (s'emploie, sans valeur triviale, dans des comp.) Cul-doré (bombyx), cul-rouge (pic épeiche), etc. cul-blanc.
2Par ext. Faux cul : tournure que les femmes portèrent à diverses époques. — Fig. Fam. Hypocrite. Ce type est un faux cul (cf. Faux jeton, faux derche).
3Fam. L'amour physique, la sexualité. Le cul et la bouffe. baise , sexe. Une histoire de cul. grivois, leste. Un film de cul. pornographique. Loc. (Antilles) Faire boutique mon cul : se prostituer.
4Pop. t. d'injure. crétin, idiot, imbécile. Quel cul ! Adj. Ce qu'il est cul ! Un peu cul. cucul.
5Par anal. (emploi non vulg.) Fond de certains objets. Cul de bouteille, de verre, de pot. aussi cul-de-basse-fosse, cul-de-four, cul-de-lampe, cul-de-sac. Loc. Faire cul sec (en buvant) :vider le verre d'un trait.
6Fam. Gros-cul (voir ce mot).
⊗ HOM. 1. Q.

cul nom masculin (latin culus) Populaire. Partie postérieure de l'homme et des animaux, comprenant les fesses et le fondement. Partie inférieure ou postérieure, fond, bas de certaines choses ; la partie arrière d'un véhicule : Le cul d'une lampe, d'une bouteille. Populaire. L'amour physique et ce qui y a trait : Histoire de cul. Partie postérieure du chalut, qui contient l'essentiel des captures. ● cul (citations) nom masculin (latin culus) Denis Diderot Langres 1713-Paris 1784 […] Quoi de plus commun que de se croire deux nez au visage, et de se moquer de celui qui se croit deux trous au cul ? Les Bijoux indiscrets Georges Duhamel Paris 1884-Valmondois, Val-d'Oise, 1966 Académie française, 1935 Le cul voudrait arriver avant la tête, mais la tête ne veut quand même pas. Le Désert de Bièvres Mercure de France Michel Eyquem de Montaigne château de Montaigne, aujourd'hui commune de Saint-Michel-de-Montaigne, Dordogne, 1533-château de Montaigne, aujourd'hui commune de Saint-Michel-de-Montaigne, Dordogne, 1592 Les Français semblent des guenons qui vont grimpant contremont un arbre, de branche en branche, et ne cessent d'aller jusqu'à ce qu'elles sont arrivées à la plus haute branche, et y montrent le cul quand elles y sont. Essais, II, 17 ressemblent à en escaladant ● cul (expressions) nom masculin (latin culus) Populaire. Avoir du cul, avoir de la chance. Populaire. Cul béni, bigot. Populaire. Cul de plomb, personne à la démarche lourde ; paresseux. Populaire. Cul par-dessus tête, à la renverse. Populaire. Être comme cul et chemise, être inséparables ; s'entendre parfaitement. Populaire. Être sur le cul, être fatigué, épuisé. Populaire. Faire cul sec, boire cul sec, vider son verre d'un trait. Faux cul, synonyme de tournure. Populaire. Gros cul, tabac de troupe ; camion. Populaire. L'avoir dans le cul, être vaincu ; subir un échec. Populaire. Parle à mon cul, ma tête est malade, tu m'ennuies, je refuse de t'écouter. Sur cul, se dit d'un navire dont le tirant d'eau est plus fort à l'arrière qu'à l'avant. Populaire. Tomber, en rester sur le cul, être très étonné. ● cul (homonymes) nom masculin (latin culus) q nom masculin invariablecul (synonymes) nom masculin (latin culus) Populaire. Partie postérieure de l'homme et des animaux, comprenant les fesses...
Synonymes :
- arrière-train
- croupe (familier)
- derrière (familier)
- fesses
- popotin (populaire)
- postérieur
- trou de balle (populaire)
Faux cul
Synonymes :
Sur cul
Contraires :
cul adjectif et nom Populaire. Se dit de quelqu'un de stupide.

cul
n. m.
d1./d Très Fam. Partie postérieure de l'homme et de certains animaux, comprenant les fesses et le fondement.
|| Loc. fig. être comme cul et chemise, inséparables.
Renverser cul par-dessus tête: culbuter.
d2./d Partie inférieure, fond de certaines choses. Cul de bouteille. Cul d'une poulie.
|| Loc. Fam. Faire cul sec: vider son verre d'un trait.

⇒CUL, subst. masc.
I.— Très fam. ou trivial. [Pour désigner une partie du corps humain]
A.— Partie du corps comprenant les fesses et le fondement.
1. [Sans distinction de sexe] Être assis (tomber) sur le (son) cul, donner à qqn des (quelques) coups de pied (de botte) au cul, botter le cul de qqn. Synon. derrière (usuel), postérieur (littér.), popotin (fam. hypocoristique). Le cul sur mon fauteuil (cf. borné, ée, ex. 8). « Le marbre de la dalle m'écorchant tant soit peu le cul, j'allais sur la pointe du pied chercher certain coussin de soie mauve; ... » (MILOSZ, Amour. initiation, 1910, p. 171) :
1. MÈRE UBU. — (...) qui te raccommoderait tes fonds de culotte?
PÈRE UBU. — Eh vraiment! Et puis après? N'ai-je pas un cul comme les autres?
MÈRE UBU. — À ta place, ce cul, je voudrais l'installer sur un trône. Tu pourrais augmenter indéfiniment tes richesses, manger fort souvent de l'andouille et rouler carrosse par les rues.
JARRY, Ubu Roi, 1895, I, 1, p. 36.
P. compar. Trois petits enfants, joufflus comme des culs (GONCOURT, Journal, 1859, p. 584).
Rem. L'ambiguïté du mot, à la fois ou tour à tour frappé d'interdit social et excitant pour l'imagination, ressort bien des deux passages suiv. Si le mot « cul » est dans une phrase, le public, fût-elle sublime, n'entendra que ce mot (RENARD, Journal, 1893, p. 164) :
2. — Payer vingt mille francs pour signer des poèmes qu'on n'a pas écrits, ça me laisse rêveur, dit Robert.
— Pourquoi? Si on tient à voir son nom imprimé, dit Nadine; elle ajouta entre ses dents, pour moi seule, car devant son père elle expurgeait son langage : « autant payer que de se casser le cul à faire le boulot. »
BEAUVOIR, Les Mandarins, 1954, p. 170.
Loc. diverses
a) [Pour indiquer une position]
(Avoir) le cul sur la selle. Être (souvent) à cheval et bien y tenir. Ce général est infatigable, il a toujours le cul sur la selle (Ac. 1798-1878).
Cul par(-)dessus tête (jeter, envoyer, mettre qqn ou qqc.; tomber). La tête en avant et en-dessous. Synon. culbuter. La pucelle tombait cul par dessus tête (HUYSMANS, Sœurs Vatard, 1879, p. 80). Il faudrait au romantique un grand vent qui jette toutes nos maisons cul par-dessus tête (RENARD, Journal, 1909, p. 1255).
P. métaph. Je pris le temps, je le mis cul par-dessus tête et tout s'éclaira (SARTRE, Mots, 1964, p. 167).
Au fig. Bouleverser. Il m'en coûte de servir un cabbaliste qui met nos saintes écritures cul par-dessus tête, sous prétexte de les mieux entendre ainsi (A. FRANCE, Rôtisserie, 1893, p. 74). Tout allait cul par dessus tête (POURRAT, Gaspard, 1925, p. 88).
Le cul entre deux chaises/selles (s'asseoir, être, se trouver, ...). Dans une situation indécise. J'ai écrit aux Bichons que je dînerais avec eux (...). Mais lesdits Bichons peuvent avoir un engagement? Dans ce cas-là, je resterais le cul entre deux selles! (FLAUB., Corresp., 1865, p. 47).
b) [Pour indiquer la position très rapprochée de qqn par rapport à soi]
Au cul. Par derrière. [Surtout avec une idée de poursuite] Avoir qqn au (dans le) cul, être poussé au cul. Être poursuivi de près. S'il ne paye pas, je lui fourre un huissier au cul (FLAUB., Corresp., 1869, p. 55). Ils [Croquebol et La Guillaumette] suivirent la rive, (...), poussés au cul eux-mêmes avec une violence telle qu'ils cambraient les reins sous l'attaque (COURTELINE, Train 8 h 47, 1888, 2e partie, III, p. 118).
Emploi pronom. réciproque. Ils [les automobilistes] se poussent au cul les uns les autres (SARTRE, Mort ds âme, 1949, p. 18).
Au cul de. Derrière (prép.). Courir au cul des bécasses (BERNANOS, M. Ouine, 1943, p. 1358).
c) [Pour indiquer un mouvement ou une action très rapide ou très énergique]
) [Rapidité] Loc. proverbiale. Le cul veut arriver avant la tête (cf. DUHAMEL, Désert Bièvres, 1937, p. 105).
) [Rapidité et brutalité] Arrêter qqn sur le cul, le mettre à cul. L'arrêter net. Leur cavalerie venait au galop, mais l'infanterie placée dans un fossé l'arrêta sur le cul (Ac. 1798-1878).
Au fig. Mettre qqn sur le cul. Laisser quelqu'un sans réaction, sans défense, lui fermer le bec. — Je suis fier de toi, dit Boris, (...) parce que! Les types, à l'hosto, tu les as mis sur le cul (SARTRE, Mort ds âme, 1949, p. 176).
) [Énergie] Se casser le cul pour faire qqc. Dépenser toute son énergie à faire quelque chose. Je viens d'écrire 150 pages d'histoire, et j'ai passé six mois à me fendre le cul sur des livres russes (MÉRIMÉE, Lettres F. Michel, 1870, p. 26). Je savais bien qu'on se cassait le cul pour rien (BEAUVOIR, Mandarins, 1954, p. 153).
) JEUX, vx
Jouer à cul levé. Jouer les uns après les autres, celui qui perd cédant sa place (cf. Ac. 1798-1932).
Fendre le cul à. Couper (une carte). Le vieux était saoul au point de ne pas reconnaître l'atout. À chaque carte posée, il coupait en disant (...) : Ton roi de trèfle? J'y fends l'cul (AYMÉ, Puits, 1932, p. 20).
d) [Pour indiquer un geste dégradant] (Coup de) pied au (dans le) cul
Donner du pied au cul (vx); foutre, mettre son pied au cul, dans le cul de qqn. Le chasser à coups de pied; p. ext. le chasser brutalement. On [les camelots du roi] marche aujourd'hui avec les communistes mais demain on leur mettra notre pied au cul (TRIOLET, Prem. accroc, 1945, p. 369).
Se donner des coups de pied au cul. Se faire de violents reproches. Je claque d'ennui et je me donne des coups de pied au cul toute la journée pour ma lâcheté (ZOLA, Doc. littér., 1881, p. 120).
À (grands) coups de pied dans le cul. En obligeant par la force, les personnes à agir selon sa propre volonté. Donnez-moi quinze jours de dictature, disait-il [le général] je vous décentralise la France à coups de pied dans le cul (AYMÉ, Bœuf cland., 1939, p. 46).
e) [Pour indiquer une impression ou un effet physique ou moral]
Se geler le cul. Avoir très froid. C'est sûr qu'il ne faisait pas chaud. Mais les Chleuhs qui nous surveillaient se gelaient le cul autant que nous! (AMBRIÈRE, Gdes vac., 1946, p. 280).
Montrer son cul. Porter des habits déchirés; donner une impression de grand dénuement. Cet homme montre le cul, on lui voit le cul (Ac. 1798-1878). Cf. les expr. (n')avoir (que) la chemise sur le cul. Être à peine habillé, être très pauvre. — J'ai à moi la moitié sur les meubles et les bêtes... — La moitié, tu as le toupet! reprit Lise, en l'interrompant. Sale maquereau, (...) toi qui n'as seulement pas apporté ici ton démêloir et qui n'y es entré qu'avec ta chemise sur le cul (ZOLA, Terre, 1887, p. 477).
Au fig. ,,Faire faillite`` (RIGAUD, Dict. jargon paris., 1878, p. 108); être ruiné. L'Allemagne montre son cul (CLAUDEL, Guerre de 30 ans, 1945, p. 575).
f) [Pour indiquer une attitude affective ou morale]
) [Intimité entre deux pers.] Comme cul et chemise (être, s'entendre, ...), être cul et chemise. Vx. Être deux culs dans une chemise, n'être qu'un cul et qu'une chemise. Être inséparable, être lié par une solide amitié (avec parfois une nuance érotique). Synon. vx : deux têtes dans le même bonnet. Ces deux-là, c'est cul et chemise, toujours ensemble ou à se courir après (SARTRE, Mort ds âme, 1949, p. 258).
) [Basse flatterie]
Baiser (lécher) le cul à qqn. Le flatter bassement, d'une manière servile. — Baise mon cul et dis merci! (ZOLA, Terre, 1887, p. 370) :
3. Fi des chantres bêlants qui taquin'nt la muse érotique,
Des poètes galants qui lèchent le cul d'Aphrodite,
Des auteurs courtois qui vont en se frappant le cœur...
Parlez-moi d'amour et j'vous fous mon poing sur la gueule,
...
BRASSENS, Poèmes et Chansons, Sauf le respect que je vous dois, Paris, éd. mus. 57, 1973 [1972], p. 369.
Rem. La docum. atteste le composé lèche-cul, subst. masc. — Et puis ce n'est pas un lèche-cul, lui, au moins (ARLAND, Ordre, 1929, p. 12).
Flairer au cul de qqc./qqn. Ces courtisans flairant au cul de tout pouvoir (BOREL, Rhaps., 1831, p. 123).
Se traîner au cul de qqn. On se traîne au cul des maîtres comme par le passé (FLAUB., Corresp., 1852, p. 452).
Saluer, remercier à cul ouvert. Faire de profondes salutations, remercier avec effusion. Il est, avec les supérieurs, d'une platitude écœurante. Sa manière de saluer le directeur, de saluer à cul ouvert, me fait rougir de honte (DUHAMEL, Journal Salav., 1927, p. 34).
) [Paresse]
Tirer au cul. Faire le paresseux. Synon. tirer au flanc. — C'était un bon petit gars, notre Pinette, on l'aimait bien parce qu'il tirait au cul comme nous, c'est pas lui qui se serait mis en avant quand on demandait un volontaire (SARTRE, Mort ds âme, 1949, p. 48).
Rem. La docum. atteste le composé tire-au-cul, subst. masc. Les tire-au-cul, les rossards et les fortes têtes (COURTELINE, Train 8 h 47, 1888, 3e part., I, p. 215).
) [Satiété, indignation]
En avoir plein le cul. Être excédé. Synon. en avoir plein le dos. Voilà quinze jours que je marche, j'en ai plein le cul, je veux me reposer (SARTRE, Mort ds âme, 1949, p. 202).
Avoir qqn dans le cul. En être excédé, le détester. Je vous ai tous dans le cul, toi, le maire, l'adjoint, le député, et les gendarmes! (ZOLA, Terre, 1887, p. 235).
Se taper le cul par terre, sur le trottoir, dans un seau, etc. Montrer une attitude de révolte et de dérision. On avait apporté les guitar's avec nous Car, devant la musique, il tombait à genoux, Excepté toutefois les marches militaires Qu'il écoutait en se tapant le cul par terre (BRASSENS, Poèmes et Chansons, L'Ancêtre, 1973 [1969], p. 331).
C'est à se taper le cul par terre! (cf. CÉLINE, Mort à crédit, 1936, p. 239), dans un seau. C'est ridiculement révoltant. Figurez-vous (...) cette corde nouée qui se dénoue toute seule : c'était à se taper le cul dans un seau (GIONO, Baumugnes, 1929, p. 182).
g) [Pour énoncer un jugement de valeur]
Se foutre (se mettre) qqc. au cul. Le rejeter comme sans valeur ou bon seulement pour des usages subalternes. — Tu peux te la foutre au cul, ta soupe! Je vas dormir (ZOLA, Terre, 1887, p. 301). — Oh, ton papier. Tu peux bien te le mettre au cul, si c'est ton idée (AYMÉ, Jument, 1933, p. 63).
Qqn ou qqc. (de) mon cul. Quelqu'un ou quelque chose que je juge sans valeur, inexistant du point de vue de l'efficacité. Les États-Unis de mon cul, dit Pinette (SARTRE, Mort ds âme, 1949, p. 71) :
4. — (...) On entendit au loin le claquement sec d'une mitrailleuse.
— DCA?
— DCA, mon cul! C'est l'avion qui tire, oui!
SARTRE, Mort ds âme, 1949 p. 87.
Il n'y a pas plus de (qqn ou qqc.) que de beurre au cul. Celui ou ce dont on parle est inexistant ou sans valeur. Les uns fouillant vers le coteau toutes les ravines, tous les bosquets... (...) Pas plus de Courtial que de beurre au cul!... (CÉLINE, Mort à crédit, 1936, p. 627).
Comme mon cul. Mal. Il chantait :« L'Internationale sera le genre humain ». Tu chantes comme mon cul, lui dit Dubech (SARTRE, Sursis, 1945, p. 168).
2. En partic. Cul de la femme. Gentil, gros, joli cul
a) [En tant qu'élément caractéristique de la forme du corps ou de la beauté féminine] Dame de mes pensées au cul de perle fine Dont ni perle ni cul n'égale l'Orient (APOLL., Alcools, 1913, p. 61) :
5. Je le laissais causer... moi la boniche elle me revenait bien... elle avait le cul presque carré, tellement qu'il était fait en muscles. Ses nichons aussi de même c'était pas croyable comme dureté...
CÉLINE, Mort à crédit, 1936, p. 582.
b) [En tant que partie érotogène du corps] Tortiller du cul. N'ayant plus que cette mortelle offense à bombarder au nez de la troupe, elle montra son cul (ZOLA, Germinal, 1885, p. 1506). La Mireille en plus du cul étonnant, elle avait des yeux de romance, le regard preneur (CÉLINE, Mort à crédit, 1936, p. 21).
P. métaph. :
6. Il y a un album qui commence par une narration sentimentale de M. Julien (...). Il y a des vers qui montrent le cul du caractère français; l'expression est juste : à propos de Jean-Jacques, on y parle d'aller à la garde-robe. Il ne faut pas cependant que je profane ce charmant mot de cul, ce serait condamner les idées qui m'ont donné le plus de plaisir à Vienne.
STENDHAL, Journal, 1809-11, p. 117.
c) P. méton., HABILL. Faux cul et, p. ell. du déterminant, cul. Rembourrage qu'à différentes époques les femmes portaient, sous la robe, au bas du dos. Synon. tournure. En entrant dans la première salle, chaque femme était obligée de quitter son cul, sa bouffante, ses soutiens... et de vêtir une lévite blanche (Lettre d'un garde du roi, 1786 ds RIGAUD, Dict. jargon paris., 1878, p. 108).
B.— Trou du cul et, p. ell. du déterminé, cul. Anus. Péter du cul, se torcher le cul. On m'a torché le cul à fond (CÉLINE, Mort à crédit, 1936, p. 80). Elle enlevait la crotte au cul du vieux (ARAGON, Beaux quart., 1936, p. 116).
Loc. proverbiale fig. Péter plus haut que son cul. ,,Entreprendre des choses au-dessus de ses forces; Prendre des airs au-dessus de son état`` (Ac. 1835-1932) :
7. ... il n'est rien que je méprise davantage que de parler plus haut que je ne pense. Caliban qui est franc et brutal dit qu'il ne faut pas péter plus haut que son cul.
GUÉHENNO, Journal d'une Révolution, 1938, p. 125.
C.— Partie du corps contenant ou constituant le sexe.
1. [En parlant du sexe de l'homme ou de la femme]
Affaires, histoires, ... de cul. D'amour physique. Synon. histoires de cuisses, de fesses :
8. — Elle t'aime, dit Mathieu.
— Merde pour elle! répondit Pinette. (...)
— Elle m'agace, dit Mathieu. Et puis, de toute façon, les histoires de cul ne me passionnent pas aujourd'hui. Mais tu as eu tort de la sauter, si c'était pour la laisser tomber ensuite.
SARTRE, La Mort dans l'âme, 1949, p. 152.
Prêter, vendre son cul. Se prostituer. Tout le monde vend quelque chose... Moi, je vends mon cul... (GONCOURT, Journal, 1896, p. 965). Prêter son cul pour dix francs est une infamie (FLAUB., Corresp., 1860, p. 305).
Avoir des couilles (en parlant de l'homme), du poil (en parlant de la femme) au cul. Être particulièrement apte à l'amour physique; p. ext., avoir de la vigueur, du courage. Les maquereaux-couilles-au-cul (VAILLAND, Drôle de jeu, 1945, p. 17). « La petite Émilie n'a plus de poil au cul! » (H. BAZIN, Vipère, 1948, p. 68).
Mettre, avoir le feu au cul. Exciter quelqu'un, être excité sexuellement; p. ext. dans l'action, le comportement général. Je m'en vais à tous leur mettre au cul un feu dont ils ne se doutent pas (FLAUB., Corresp., 1871, p. 319). Alors il rentra précipitamment chez lui. (...). — Qu'est-ce qui t'arrive? T'as le feu au cul! (DABIT, Hôtel Nord, 1929, p. 236). Le feu au cul comme elle avait, ça lui était difficile de trouver assez d'amour (CÉLINE, Mort à crédit, 1936, p. 20).
2. [En parlant du sexe de la femme] Vous vous plaignez du cul des femmes qui est « monotone ». Il y a un remède bien simple, c'est de ne pas vous en servir (FLAUB., Corresp., 1878, p. 135). Ainsi donc le cul et la galette, tel est le diptyque du journaliste contemporain (BLOY, Journal, 1903, p. 164). Depuis l'ascension de Musyne et de Madame Herote, je savais que le cul est la petite mine d'or du pauvre (CÉLINE, Voyage, 1932, p. 263) :
9. Quelqu'un fait la remarque que dans ce bon peuple, si puritain dans les drames, on ne pourrait citer une seule famille ayant donné le jour à une putain célèbre, qui se refuse à vivre du cul de sa fille.
GONCOURT, Journal, 1871, p. 846.
D.— P. méton. [Pour désigner une pers.; souvent avec un déterminant qui précise la caractéristique ou la valeur symbolique de la pers.]
1. [Aspect physique] Cul-bas ou bas-du-cul ou bout-de-cul. Personne petite, courtaude. Un abominable bout-de-cul, coiffé d'une casquette en velours (HUYSMANS, Sœurs Vatard, 1879, p. 95). La photographie de ce p'tit bas-du-cul (BARBUSSE, Feu, 1916, p. 50). La fille, un cul-bas, une chevrette noiraude (MONTHERL., Démon bien, 1937, p. 1296).
2. [Symbole d'immobilité physique et/ou morale] Cul(-)de(-)plomb. Cul-terreux.
3. [Symbole d'inintelligence ou d'objet d'antipathie] Cul. Personne stupide, niaise. Quasi-synon. (en plus grave) con. Espèce de cul, vieux cul. « Un pur cul, Pascal! » crie Gautier (GONCOURT, Journal, 1863, p. 1267). Il avait un air de se ficher du monde, cet animal! Il riait comme un cul, le trou de la bouche arrondi, ...; un vrai cul, enfin! (ZOLA, Assommoir, 1877, p. 754). Je lui dis [au commis] :« C'est aussi un cul [S. C. Leconte]! » (LÉAUTAUD, Journal littér., 4, 1922-24, p. 91).
En constr. d'appos. ou d'attrib. avec valeur d'adj. Ce qu'il, ce qu'elle est cul; air cul. C'était donc cul son procédé (CÉLINE, Mort à crédit, 1936, p. 452). Le geste de me frapper le bas-ventre, geste hautement significatif... avait choqué ce bourgeois cul et poussiéreux (AYMÉ, Confort, 1949, p. 206).
Rem. Au même sens, v. cucu(l) B.
P. ext. [En guise de désignation injurieuse] Personne méprisable, très antipathique. Petit, gros cul. Tu ne sais donc pas que ce petit cul ne fréquente plus maintenant que la grande bourgeoisie, la haute industrie? (AYMÉ, Travelingue, 1941, p. 52).
Cul béni(t) v. béni, ie, bénit, ite, I B 1 a.
4. Cul-nu. Amour représenté tout nu. Les culs-nus d'amours, qui se roulent aux frises, prennent aux yeux des danseurs un mouvement de course effrénée et folle comme la leur (A. DAUDET, N. Roumestan, 1881, p. 165).
En constr. d'appos. avec valeur d'adj. Impudique :
10. Bonne chère, bon feu, le « va te promener la honte » et toutes idées et tout mot « cul nud, » la vraie intimité des hommes qui sont au-dessus des apparences et qui les jugent sans soigner la rédaction du jugement, ...
BARBEY D'AUREVILLY, Memorandum 2, 1839, p. 392.
[P. anal. d'aspect] Jeunes danseuses d'Opéra :
11. Trois douzaines de cupidons,
Qu'une actrice a mis sur la paille,
Hier mendiaient, et la marmaille
Les poursuivait de gais lardons.
Chez Lise ils frappent d'un air triste;
Lise répond : nous sommes sourds.
Quoi! Vivrez-vous donc toujours,
Vieux petits culs nus d'amours?
BÉRANGER, Chansons, t. 3, Les Pauvres amours, 1829, p. 177.
Rem. Les dict. attestent en outre le sens de « mendiant, personne misérable » (supra I A e).
II.— [Pour désigner une partie du corps de certains animaux]
A.— Partie postérieure du corps comprenant les fesses et le fondement. Synon. train de derrière. Voilà de la pitié aussi bien placée qu'une plume au cul d'un porc! (HUGO, N.-D. Paris, 1832, p. 285). L'agriculteur, toutes choses pour lui réduites à ses deux mains et au cul noir de son buffle, avait soin seulement de mener droit son sillon (CLAUDEL, Connaiss. Est, 1907, p. 110). Sur le trottoir il y a un chien Il est assis sur son cul Il regarde l'évêque (PRÉVERT, Paroles, 1946, p. 127).
CHASSE. Tirer au cul levé. Tirer le gibier au moment où il prend son vol. Il faut pourtant que je les tire [les alouettes]! Au cul levé, c'eût été hasardeux. Il [M. Sud] préférait s'en désigner une et la voir s'abattre, se motter, là, entre ces deux taupinières (RENARD, Lanterne sourde, 1893, p. 79).
B.— P. anal. et p. méton.
1. [Pour désigner un animal] Cul-blanc.
Rem. Les dict. attestent d'autres dénominations de même type : cul-brun ou doré (bombyx), cul-rousset (sorte de fauvette), etc.
2. [Pour désigner un fruit] Cul-de-chien (région. [Lorraine]). Nèfle. Cul-de-mulet. (Variété de) figue.
Rem. Attestés par Ac. Compl. 1842, Lar. 19e, LITTRÉ, DG, ROB.
3. [Pour désigner un objet] Cul(-)de(-)poule B.
III.— [P. anal. des emplois I ou II]
A.— [P. anal. de position] Partie inférieure ou postérieure d'une chose.
1. [Chose naturelle] Cul d'artichaut. Synon. fond d'artichaut. Le goût du fruit de l'arbre à pain se retrouve dans celui du cul d'artichaut (BERN. DE ST-P., Harm. nat., 1814, p. 71). Il présenta lui-même (...) un plat d'artichauts à notre mère, et lui dit :« Encore un petit cu, madame. » (A. FRANCE, Crainquebille, La Cravate, 1904, p. 132).
2. [Chose créée par l'homme] Partie inférieure ou postérieure ou extrême d'un objet.
a) Partie inférieure. Cul de marmite, de tonneau. La vaisselle de cérémonie, dans un équilibre audacieux, les assiettes en tour de Pise, les verres cul sur cul, l'un, renversé, portant l'autre debout (T'SERSTEVENS, Itinér. esp., 1933, p. 41).
SYNT. Cul de barrique, de chaudron, de chope, de flacon, de gamelle, de poêle, de pot, de seau.
Cul de basse(-)fosse.
Cul de bouteille. Vous tous qui cherchez dans le vin le souvenir ou l'oubli, (...) ne contemplez plus le ciel que par le cul de la bouteille (BAUDEL., Paradis artif., 1860, p. 324).
P. anal. et méton. Verre épais et de couleur, entouré de plomb, de certaines fenêtres et portes vitrées. Ces coups de gueule (...) transperçaient les épais culs de bouteilles de la porte (COURTELINE, Ronds-de-cuir, 1893, 6e tabl., III, p. 247).
En constr. d'appos. avec valeur d'adj. Vert très foncé. Les verts russe ou cul-de-bouteille (ARNOUX, Roi, 1956, p. 171).
Faire cul sec. Vider d'un seul trait un verre de vin, etc. (de manière que le fond en paraisse sec). Elle [madame Tim] retourna s'asseoir et se versa un verre de vin et le but très crânement, cul sec, comme j'avais fait depuis le commencement du repas (GIONO, Roi sans divertiss., 1947, p. 207).
b) Partie postérieure, située à l'arrière.
Cul de charrette. Le cul d'une charrette de pierres a donné dans ma lucarne et en a défoncé la grille (HUGO, N.-D. Paris, 1832, p. 545). La charrette a failli se mettre sur son cul (BERNANOS, Crime, 1935, p. 778).
♦ (Mettre, lâcher, etc.) une charrette, un véhicule sur le/à cul. Le fond reposant à terre et les limons en l'air. La place, dès le matin, était encombrée par une file de charrettes qui, toutes à cul et les brancards en l'air, s'étendaient le long des maisons (FLAUB., Mme Bovary, t. 1, 1857, p. 145).
MAR. [En parlant d'un bateau] Partie arrière. Un bateau qui a une hélice à chaque bout, c'est un bateau qui marche toujours à reculons. Il n'a pas d'avant, ton bateau. Il a deux culs. Et toi, ça fait trois! (PAGNOL, Marius, 1931, IV, 1, p. 210).
Être sur le cul. ,,Être trop enfoncé de l'arrière`` (BARBER 1969).
c) Partie extrême. Cul de poulie. Partie d'une poulie opposée à l'extrémité qui porte la fixation. L'entretoise qui porte l'engoujure [d'une poulie] est appelée cul de poulie, l'autre est le collet (GALOPIN, Lang. mar., 1925, p. 42).
B.— [P. anal. de forme]
Bouche en cul(-)de(-)poule v. cul(-)de(-)poule A.
MARINE
Gros cul (vx). Gros bâtiment de la marine de guerre (cuirassé, cf. GRUSS 1952) ou de la marine marchande. Elle [la frégate] pique d'abord droit au cul lourd, au bâtiment en panne (SUE, Atar-Gull, 1831, p. 22).
P. méton. Marin et p. ext., homme de troupe, soldat. Tabac de gros cul et p. ell. gros cul. Tabac de troupe. Le révérend (...) nous apprenait le latin et le grec, entre deux pipes de « gros cul » (H. BAZIN, Vipère, 1948, p. 73).
Cul de porc. ,,Épissure d'arrêt formant le bout du filin`` (BARBER 1969). M. Corbière (...) nous écrase sans pitié sous « les enfléchures, les drailles, les culs-de-porc, les queues-de-rat et les drisses ». (MUSSET, Revue des Deux Mondes, 30 oct. 1832, p. 370).
Rem. JAL 1848 remarque que ce nœud gros et rond ,,est sans analogie avec la croupe du cochon``. On peut penser que cul de porc est une déformation plaisante de cul de port, attesté à la fin du XVIIIe s. (cf. JAL).
Prononc. et Orth. :[ky]. l final est imprononcé dans le simple comme dans les dér. du type : cul-blanc, gratte-cul, cul-de-jatte, etc. Le mot est admis ds Ac. 1694-1932; les éd. de 1694 et 1718 soulignent que, souvent, on n'écrit pas l; à comparer avec les éd. de 1762-1878 qui ajoutent qu'on supprime parfois l dans l'écriture; l'éd. de 1740 note qu'il disparaît dans les expr. cu-bas, cu-levé. Mais la majorité des dict., y compris Ac. à part l'éd. de 1740, orthographient cul-levé. LITTRÉ et DG enregistrent cu en tant que var. moins usitée de cul. Les mots composés à partir de cul. A. Leur plur. Le simple prend seul la marque du plur. quand il est suivi de la prép. de et d'un subst. : des culs-de-jatte; mais il prend la marque du plur. tout en la donnant également au terme suiv. quand celui-là est un adj. : des culs-blancs (cf. DUPRÉ 1972, p. 576). B. Le trait d'union. Il ne semble pas y avoir de règle très stricte quant à son utilisation. Cependant, on peut tenter de dégager, à partir de Ac. et des dict. gén. les tendances suiv. : 1. Pas de trait d'union. a) Quand le mot composé fait partie d'une expr. figée qui dépasse le cadre d'un mot composé : être chargé à cul, être à cul (cf. Ac. 1694-1932), sur (le) cul (cf. ibid.), mettre le cul (au) en vent, faire cul sec. b) Quand cul entre dans la composition d'un nom dans lequel il désigne encore bien la partie postérieure ou extrême d'un objet : cul de tonneau, cul d'artichaut, cul d'une lampe (à comparer avec cul-de-lampe, terme d'archit.), cul de chapeau, cul de poulie, cul de varengue. 2. Trait d'union. Quand le composé n'a plus le sens de la somme de ses composants mais désigne un concept nouveau, que cul soit déterminé par un adj. ou par un nom précédé d'une prép.; ex. : cul-cul écrit aussi cucu (cf. Lar. encyclop.) où spontanément ce n'est pas le sens de « cul » mais celui de « stupide » qui vient à l'esprit. De même cul-terreux (paysan), cul-blanc (oiseau, cf. Ac. 1835-1932, Lar. 19e-Lar. Lang. fr.). Même chose pour cul-brun, cul-doré, cul-rouge, cul-rousset avec des variations selon les dict., notamment LITTRÉ qui, s'il met le trait d'union dans cul-blanc, cul-rouge, cul-rousset, cul-rond, n'en met ni à cul-brun, ni à cul-doré. On écrit également avec trait d'union cul-de-chien, cul-de-mulet, cul-de-porc (ou de-pot), cul-de-jatte, cul-de-lampe, cul-de-four, cul-de-sac. Noter que Ac. ne met pas de trait d'union dans ces mots de 1694 à 1740, sauf dans cul-de-jatte; en 1762 elle l'ôte même dans ce mot. Ce n'est qu'à partir de 1798 qu'elle écrit régulièrement le trait d'union dans ces cas. Dans (à) cu-bas, (à) coupe-cul (jeux) et dans écorche-cul où le sens de « cul » n'est plus ressenti, Ac. 1694-1762 met le trait d'union. Noter la graph. soudée, révélatrice de ce phénomène cubas, rencontrée ds Ac. Compl. 1842. Comparer avec cul(-)levé (cf. infra 3). 3. Dans qq. cas il y a hésitation selon le sens qu'on donne au mot composé : cul(-)de(-)bouteille, cul(-)de(-)verre désignent une couleur et, pour la 2e, en outre, une maladie (cataracte); le trait d'union ne se justifie pas si on a à l'esprit la couleur particulière, opaque, très foncée, du fond d'une bouteille, d'un verre. Pour cul(-)de(-)bouteille il n'y a pas de trait d'union ds Ac. Compl. 1842, Lar. 19e, GUÉRIN 1892, Nouv. Lar. ill., ROB., mais il y en a un ds DG, Lar. encyclop., QUILLET 1965 et Lar. Lang. fr.; pour cul(-)de(-)verre il n'y en a pas ds Ac. 1835-1932, LITTRÉ, GUÉRIN 1892, ROB., mais il y en a un ds Lar. 19e et QUILLET 1965. Le trait d'union ne se justifie que si l'on songe à la couleur, sans réf. au fond de la bouteille, ou si c'est à « cataracte » que l'on pense. De même dans cul(-)de(-)plomb on peut considérer que les dict. ne mettant pas de trait d'union font réf. au sens propre de « homme pesant, sédentaire », que les dict. en mettant un se rapportent au sens fig. de « homme qui manque d'imagination, de vivacité ». Si l'on peut écrire cul-de-poule pour les sens techn. (cf. Lar. 19e, GUÉRIN 1892, DG, Nouv. Lar. ill., ROB.) on écrit sans trait d'union, les expr. en cul de poule, faire le cul de poule dans lesquelles l'anal. de forme est évidente (cf. Ac. 1694-1932). Comparer encore, ds Lar. 19e, cul tout nu (mendiant) dans lequel le sens propre est présent, avec cul-tout-nu (colchique). Cul-nu (var. cul-nud ds Lar. Lang. fr.). peut s'écrire avec trait d'union si on pense d'abord, globalement, à la statue (cf. Lar. encyclop. et Lar. Lang. fr.), mais aussi sans, si on pense à ce détail que le petit ange est dessiné nu (cf. Ac. 1762-1878). Cul de basse-fosse s'écrit sans trait d'union ds la majorité des dict. (cf. Ac. 1694-1932 qui n'en place un entre basse et fosse qu'à partir de 1762); seul Lar. Lang. fr. écrit cul(-)de(-)basse-fosse. Est-ce parce qu'on sent encore le sens de « fond d'un cachot » ou est-ce parce qu'on hésite à mettre trois traits d'union dans le mot? Dans (à) cul(-) levé (jeu) il y a également hésitation puisqu'il reste la notion de se lever, de céder le siège; on rencontre un trait d'union ds Ac. 1740 et 1762 p. anal. avec (à) cu-bas, (à) coupe-cul, mais non ds Ac. 1694, 1718, 1798-1932. Enfin, bout(-)de(-)cul (var. bas(-)de(-)cul ou bas(-)du(-)cul, cf. Lar. encyclop. et Lar. Lang. fr.) s'écrit sans trait d'union dans la majorité des dict. et cela se comprend car une personne dite bas du cul n'est pas seulement de petite taille mais est disproportionnée entre le haut et le bas de son corps; Lar. encyclop. et Lar. Lang. fr. écrivent cependant un trait d'union. Peut-on invoquer l'anal. avec cul-de-jatte? Étymol. et Hist. 1. Ca 1179 cul « derrière » (Renart, éd. M. Roques, 982); 1872 « homme bête et grossier » (LARCH.); diverses loc. entre autres a) XIIIe s. avoir le cul pesant « être un lourdaud » (Fabliaux, éd. Montaiglon et Raynaud, t. IV, p. 177); 1640 faire le cul de plomb « être toujours assis » (OUDIN Curiositez); b) 1re moitié XIIIe s. son cul arrière traire « se retirer; se tenir à l'écart » (Renart, éd. M. Roques, 13479); 1886 arg. milit. tirer au cul « esquiver une corvée ou le service » (COURTELINE, Gaietés esc., p. 130 ds SAIN. Lang. par.); c) 1536 avoir le feu au cul (sens érotique) (ROGER DE COLLERYE, Œuvres complètes, éd. Ch. d'Héricault, 263 ds IGLF); d) 1694 baiser le cul à qqn « flatter quelqu'un bassement » (CORNEILLE); e) 1656 péter plus haut que son cul (OUDIN d'apr. FEW t. 2, 2, p. 1508 b); 2. ca 1250 le cul d'un noir chaudron « fonds ou partie inférieure de quelque chose » (De la goute en l'aine, 61 ds RUTEBEUF, Œuvres, éd. Jubinal, 1875, t. 3, p. 194). Du lat. class. culus « cul, derrière ». Fréq. abs. littér. :610. Fréq. rel. littér. :XIXe s. : a) 259, b) 1 222; XXe s. : a) 1 173, b) 1 012. Bbg. GAMILLSCHEG (E.). Z. fr. Spr. Lit. 1930/31, t. 54, pp. 204-205. — GOTTSCH. Redens. 1930, passim. — GOUG. Lang. pop. 1929, p. 154. — LA LANDELLE (G. de). Le Lang. des marins. Paris, 1859, p. 201, 405.

cul [ky] n. m.
ÉTYM. V. 1180; du lat. culus, même sens.
———
I En parlant des humains (emplois marqués, considérés en général comme vulgaires ou tabous).
1 Très fam. Derrière, fesses (d'un être humain). Croupe, derrière, fesse, fondement, postérieur; fam. 4. baba, croupion, culasse, dargeot, derche, fias, 1. fion, lune, panier, pétard, popotin, train, troufignon, trou (de balle), verre (de montre). || Un petit cul. || Un gros cul. || Le petit cul joufflu d'un nourrisson. || Avoir mal au cul. || « Si l'Italie a la forme d'une botte il ne faut pas croire que la France a la forme d'un cul » (mot prêté à A. Briand). || Poser son cul sur une chaise. || Soulever son cul.
1 J'ai (répondit Gargantua) par longue et curieuse expérience inventé un moyen de me torcher le cul, le plus seigneurial, le plus excellent, le plus expédient que jamais fut vu.
Rabelais, Gargantua, XIII.
2 (…) au plus élevé trône du monde, si (pourtant) ne sommes assis que sur notre cul.
Montaigne, Essais, III, 373.
3 Revenez, mes fesses perdues
Revenez me donner un cul.
Scarron, Œ., t. VII, p. 233, in Pougens, cité par Littré.
Être bas du cul : avoir des jambes courtes (fam. basduc' [badyk]). || Il est un peu bas du cul. Par métonymie. || Un bas-du-cul, une bas-du-cul.
La peau du cul (ou des fesses).Loc. fig. Ça vaut, ça coûte la peau du cul, très cher.
Loc. Terme très productif de locutions désignant :
a Une action, un mouvement, une position.Fam. Tomber sur le cul : tomber assis; au fig., être très étonné.En rester, en être sur le cul (même sens).Mettre qqn sur le cul, le surprendre. — ☑ Renverser (ou envoyer, jeter, mettre) qqn cul par-dessus tête. Basculer, culbuter.La tête a emporté le cul, se dit d'une personne qui est tombée sur la tête. — ☑ Avoir le cul sur la selle : être (souvent) à cheval, et être (bien) assis.
4 (…) si vous étiez dans un autre état, je vous dirais de marcher (…) Je suis persuadée que la plupart des maux viennent d'avoir le cul sur la selle.
Mme de Sévigné, 197, 26 août 1671.
Être, demeurer le cul entre deux selles, entre deux chaises : hésiter entre deux avis, deux manières d'agir, etc.; être sollicité par deux séries d'obligations contradictoires.
Traîner qqn à écorche-cul, le derrière par terre. || Taper le cul par terre, faire un tape-cul.Fig. Se taper le cul par terre, de rire.
Vx. || Donner du pied au cul à qqn. — ☑ Mod. Donner, foutre un coup de pied au cul de qqn. || Recevoir un coup de pied au cul.Mettre (ou foutre) son pied au cul (à qqn). || S'il continue ainsi je vais lui mettre mon pied au cul… (Par allus. au sens 3 « anus »). || Coup de pied dans le cul. || Chasser qqn à coups de pied dans le cul, au cul. || Je vais lui faire comprendre la situation à coups de pied dans le cul, au cul.Loc. Se donner des coups de pied dans le cul : se faire des reproches.Botter le cul à qqn.
5 (…) vous verrez qu'un de ces jours on vous donnera du pied au cul, et qu'on vous chassera comme un faquin.
Molière, les Amants magnifiques, I, 2.
6 Voulez-vous parier que je vais donner un coup de pied au cul de Béchamel (…) ?
Saint-Simon, Mémoires, 118, 34, in Littré.
7 Bah ! dit Turpin. Ça a toujours été pareil. Comment est-ce qu'on a construit les Pyramides ? À coups de fouet et de bottes dans le cul.
J. Romains, les Hommes de bonne volonté, t. V, XXVIII, p. 297.
8 À coups de pied dans le cul, je le chasse de ma chambre.
Henri Michaux, La nuit remue, Mon Roi, p. 14.
Loc. (Vieilli). Aller de cul et de tête comme une corneille qui abat des noix : s'y prendre avec ardeur, avec maladresse.
9 M. de Vendôme fit donner ses troupes d'arrivée, de cul et de tête, sans ordre et sans règle.
Saint-Simon, Mémoires, 204, 234, in Littré.
Chercher à, vouloir péter plus haut que son cul : « viser trop haut » (Académie).
Être à cul : ne pouvoir reculer. Acculer (être acculé).Être, se trouver le cul contre, sur, dans qqch. : ne plus pouvoir reculer. — ☑ Loc. Bite-à-cul.
10 Nous étions campés le cul dans le Necker (…)
Saint-Simon, Mémoires, I, 184, in Hatzfeld.
(1694). Baiser, flairer, lécher le cul à qqn, le flatter bassement. Flagorner. (On dit aussi c'est un lèche-cul). || Pousser qqn au cul, le presser. Absolt.Il pousse un peu au cul : il est quelque peu impatient. (Réfl. ou récipr.). || Se pousser au cul.
10.1 Le céramiste ne rongeait pas son frein; même, il se poussait au cul pour allumer ses yeux, ou montrer les dents. Son état profond était atone alors que Petr se consumait.
Jacques Laurent, les Bêtises, p. 429.
Courir au cul de qqn, essayer de le rattraper.Avoir qqn au cul : être poursuivi par qqn (→ Avoir quelqu'un aux trousses).
10.2 J'ai repris ma tire (voiture) rue Duperré. J'avais personne au cul; je suis parti au hasard.
A. Simonin, Touchez pas au grisbi, p. 56.
(D'abord argot milit.). Tirer au cul : travailler le moins possible sous de mauvais prétextes, en simulant. On dit aussi c'est un tire, ou (rare), un tireur au cul. Tire-au-flanc.
10.3 Et ce grand diable là-bas, qui est pour s'en aller avec eux. Bougre de Savoyard de tireur au cul, voulez-vous rester là et attendre vos camarades pour partir à la manœuvre !
A. Jarry, les Jours et les Nuits, Pl., p. 810.
(Jeux). Jouer à cul levé, en remplaçant le perdant chacun à son tour. — ☑ Fendre le cul de (une carte) : couper. — ☑ Baiser le cul de la vieille : être capot à la fin de la partie, à certains jeux.
b Un état, une impression, un sentiment.Aller le cul tout nu (cf. Le derrière au vent), montrer son cul : avoir des vêtements déchirés. — ☑ Fig. Montrer son cul, le cul : fuir, et, par ext., être ruiné. — ☑ Se geler le cul : avoir très froid. || On se gèle le cul ici !
Vx. Prendre son cul pour ses chausses : se tromper grossièrement.Tenir qqn au cul et aux chausses. Chausse (cit. 3).
Parle à mon cul, ma tête est malade ! : tu peux toujours parler, je ne t'écoute plus. — ☑ Et mon cul, c'est du poulet ?, formule de dérision (d'orig. obscure).
Plus marqué, vulg.(Qqn ou qqch.) de mon cul, inefficace, inutile, ridicule. || Où est-il ce gardien de mon cul ?Exclam. || Mon cul ! : non ! jamais. || S'ils comptent m'attraper, mon cul !, jamais, c'est inutile. || Pour vous aider dans les ennuis, les amis, mon cul, oui !REM. Cet emploi a été largement utilisé par R. Queneau dans Zazie dans le métro.
10.4 Les petits macs ils me faisaient sourire… Ils avaient mangé du bobard !… ça leur tournait leurs petites têtes !… Je disais rien !… C'est l'expérience… Je savais moi !… Faut pas se vanter !… C'était des enfants dans un sens !… « affranchis » mon cul !… Ils apprendraient les galipettes là-bas aux Secteurs !…
Céline, Guignol's band, p. 91.
Au cul ! :
10.5 — Voulez-vous boire un verre ?
— Cela m'est interdit
— Au cul ! s'écria Hartog et Julie sourcilla follement.
J.-P. Manchette, Folle à tuer, 3, p. 19.
Avoir des couilles au cul : être courageux (hommes). — ☑ Il, elle a du poil au cul (même sens).
Fam. (non vulg.). Avoir le feu au cul : courir très vite; être très pressé.(Autre sens, érotique, → ci-dessous, 4.).
Être comme cul et chemise, très amis, complices. — ☑ Vieilli. Être (comme) deux culs dans une même chemise.
10.6 — Je t'adore. Nous ne nous quittons pas. Nous sommes comme cul et chemise (…)
— Tu vois, tu dis encore des gros mots exprès pour me mettre mal à l'aise.
J. Anouilh, Ornifle, p. 30.
c N. m.Faux cul : tournure que les femmes portèrent à diverses époques.
11 Quand elles veulent sortir dehors elles disent : Apportez-moi mon cul. Et quelquefois on crie : On ne trouve point le cul de madame, le cul de madame est perdu… Il y a de ces culs (qu'aucunes plus honnêtes appellent hausse-culs) qui sont fort précieux (…)
H. Estienne, Dialogues du langage français italianisé…, I, 272, in Huguet.
Fig. Hypocrite (syn. : faux derche). || Un tel est un faux cul.Adj. || Il est très faux-cul. || Des airs faux-cul.
2 Par métonymie, désignant la personne elle-même, péjorativement.
a (Dans des expressions).Allez, pousse ton cul ! : pousse-toi. || Tire ton cul de là !Se remuer, se manier (magner) le cul : se remuer, se dépêcher. Fesse, train. || Se bronzer le cul sur les plages ( Bronze-cul).
(Avec un adj.).Gros, petit cul : personne grosse, petite… (Péj.). || Pousse-toi, gros cul ! — ☑ Bout de cul : personne très petite, enfant.
Cul-bénit : personne bigote. Adj. || « Les Ritals (Italiens) culs-bénits » (Cavanna, les Ritals, p. 88).
11.1 Même les profs, à l'école, ils ne peuvent pas s'empêcher de nous faire sentir qu'on est des culs-bénits, de la graine de fascistes.
Cavanna, les Ritals, p. 40.
Fam., péj. || Cul-terreux : paysan ( Terreux, 2.).
11.2 J'affirme que cette malédiction des agriculteurs — toujours aussi endurcis contre leurs frères nomades — nous la voyons s'exercer de nos jours. Parce que la terre ne les nourrit plus, les culs-terreux sont obligés de plier bagage et de partir.
M. Tournier, le Roi des Aulnes, p. 40.
(1640). Non vulg. Cul-de-plomb : personne sédentaire, routinière. Par ext. Employé de bureau. Rond-de-cuir.
12 Une démarche à la Salubrité publique, où sa patience fut exercée par une vingtaine de culs-de-plomb à moutarde répartis dans des bureaux inaccessibles, apprit du moins à Léopold qu'il n'y avait rien à espérer de cette administration.
Léon Bloy, la Femme pauvre, II, p. 230.
12.1 Culs-de-plomb, au goût de Philippe, nous ne savons pas rester en place.
J. Renard, Journal, 12 juil. 1901.
Vx. || Cul-nu, cul d'amour : petit(s) amour(s) représenté(s) tout nu(s). Putto.
|| Cul-de-jatte [kydʒat] n. m. (1604, Scarron; de cul, et jatte; analytiquement, cul est pris au sens III « fond (d'un objet) », mais le sens global concerne l'être humain). Non vulg. Personne qui est privée de ses membres inférieurs, ou qui n'en peut faire usage. || Des culs-de-jatte. || La voiturette, le chariot d'un cul-de-jatte. Adj. || Être cul-de-jatte.
13 Souvent le doux penser me flatte
De n'être plus un cul-de-jatte,
Et qu'un jour je pourrais marcher.
Scarron, Poésies diverses, Œ., t. VII, p. 10, in Pougens.
14 Il a dit quelque part : « Qu'on me rende impotent,
Cul-de-jatte, goutteux, manchot, pourvu qu'en somme
Je vive, c'est assez, je suis plus que content ».
La Fontaine, Fables, I, 16.
Fig. Personne dont les capacités intellectuelles sont limitées.
b (Terme d'injure ou péj.). Personne sotte, inepte, bête ou ridicule. || Quel cul ! Crétin, idiot, trou du cul. || Va donc, eh, pauvre petit cul !REM. À la différence de con qui implique une bêtise souvent malfaisante, cul a surtout l'implication de ridicule (→ Cucul).
Adj. (surtout en attribut). Bête, sot, un peu ridicule. || Il, elle est un peu cul. || Ce que t'es cul !
14.1 — Ça te chagrine que je puisse respirer sans toi. Si tu y tiens vraiment, et pour soulager ton bon cœur un peu cul, tu peux me laisser un cadeau. Je ferai semblant de te trouver sublime.
Alain Bosquet, les Bonnes Intentions, p. 225.
3 Anus, considéré en tant que voie d'excrétion ou que voie de pénétration (sodomie). || Torcher le cul à qqn., se torcher le cul. Torche-cul.Par appos. || Papier cul : papier hygiénique (fam. : papier de cabinets, P. Q.).
14.2 J'ai vu des bardaches qui achetaient des dragées, sans doute avec l'argent de leur cul, l'anus allait rendre à l'estomac ce que celui-ci lui procure d'ordinaire.
Flaubert, Correspondance, Pl., p. 706 (1850).
Loc. Saluer à cul ouvert : faire de profondes salutations.Casser le cul (le pot) à qqn, le sodomiser. Fig. Ennuyer fortement. Casse-cul (→ Faire chier, emmerder, et aussi casser les couilles, les pieds). — ☑ Se casser, se fendre (vx) le cul pour faire qqch. : se dépenser beaucoup pour faire qqch. Absolt. || Se casser le cul. || Il ne s'est pas cassé le cul : il n'a pas fait beaucoup d'efforts.
Se foutre, se mettre qqch. ou qqn au cul; se torcher le cul de qqn ou de qqch., s'en désintéresser, ne pas en vouloir.
Il n'y a pas plus de (qqch., qqn) que de beurre au cul. Beurre (cit. 4.8).
Avoir (qqn, qqch.) dans le cul, au cul, le détester, le mépriser. Emmerder (→ Avoir dans le nez).
En avoir plein le cul : en avoir assez (→ les euphémismes Plein les bras, plein le dos et ras le bol). || Ras le cul (même sens).
L'avoir dans le cul : être trompé, attrapé (→ Être baisé, possédé).Dans le cul, la balayette !
Parler, chanter comme un cul, très mal.
REM. La plupart de ces locutions sont analysées dans les dictionnaires et parfois perçues comme relevant du sens 1, par suite du tabou sur la sodomie (→ aussi Enculer).
4 Le derrière, les fesses considérés comme objet sexuel. Fesse, cuisse. || Un cul attirant, magnifique.
14.3 Oh, mes amis, dit le Moine exalté, comment ne pas fustiger l'écolière qui nous montre un aussi beau cul !
Sade, Justine, t. 1, p. 211.
Par métonymie. La personne, et, spécialt, la femme objet de désir sexuel. || Se faire, s'envoyer, se taper un beau cul. || Un cul célèbre.Collectif. Les femmes. || Voir s'il y a du cul quelque part (cf. De la fesse).
Loc. Tortiller du cul. Croupionner.
(1536). Avoir le feu au cul : être excité.Mettre le feu au cul de qqn, l'exciter (autre sens, non érotique, → ci-dessus 1., b.).
14.4 Ma femme est soit dit en passant
D'un naturel concupiscent
Qui l'incite à se coucher nue
Sous le premier venu
Mais
M'est-il permis soyons sincèr'
D'en parler au café-concert
Sans dire qu'elle a suraigu
Le feu au cul.
G. Brassens, le Pornographe.
Au cul la vieille (c'est le printemps) !, incitation plaisante (ou ironique) à l'amour.
Montrer son cul : s'exhiber nu(e). || Elle montre son cul dans une boîte de Pigalle.(Aux sens 2 et 3).Prêter, vendre son cul : se prostituer. — ☑ Arriver par le cul : obtenir qqch., une situation, par le sexe.
5 Sexe de la femme. Con (vulg.), sexe.REM. Cet emploi est encore plus « marqué » que les précédents; il est usuel dans le milieu de la prostitution (cf. J. Cellard et A. Rey, Dict. du français non conventionnel, art. Cul).
14.5 Elle avait des bas de soie noire montant au-dessus du genou. Je n'avais pu encore la voir jusqu'au cul (ce nom que j'employais avec Simone est de beaucoup pour moi le plus joli des noms du sexe).
Georges Bataille, Histoire de l'œil, p. 13, in Cellard et Rey.
6 (Des sens 3, 4 et 5 indifféremment). || Le cul : la sexualité. || « Ils pensent qu'au cul, ces voyous-là ! » (Céline, in Cellard et Rey). Cuisse, fesse. || Le cul et la bouffe. Baise.
De cul. || Des histoires de cul. Cochon (II., 5.), égrillard, grivois, paillard.Spécialt. À caractère pornographique. || Film de cul. || Journal, revue de cul. || Bande dessinée de cul.
7 (Du sens 3). Argot. Chance. Bol, pot, vase (même métaphore). || Il a un sacré cul. || Un vrai coup de cul.
———
II Fam. (non vulg.). Arrière-train (d'un animal).
1 L'arrière-train (de certains animaux). Train. || Cul de chien, de porc.Chasse. || Tirer au cul levé, au moment de l'envol du gibier.
Loc. Mettre un cheval à cul, le faire reculer jusqu'à un point fixe. Acculer.
2 (Dans des composés : par métonymie). || Cul, et adj. de couleur (oiseaux, insectes). || Cul-blanc (chevalier, pétrel, traquet…); cul-brun, cul-doré (bombyx); cul-rouge (pic épeiche); cul-rousset (sorte de fauvette).
15 (…) il est indigne (…) d'employer si souvent un mot déshonnête et ridicule, pour signifier des choses communes (…) pourquoi donc donner le nom de cul-blanc, à l'ænante, et de cul-rouge à l'épeiche ? Cette épeiche est une espèce de pivert, et l'ænante une espèce de moineau cendré. Il y a un oiseau qu'on nomme fête-en-cul ou paille-en-cul (…)
Voltaire, Dict. philosophique, art. Cul.
(Par anal. de forme avec l'arrière-train de certains animaux, désignant des objets, des formes). || Cul suivi de de et d'un nom d'animal. || Cul-de-poule : renflement en forme de cul de poule. Techn. Renflement d'une espagnolette.Mar. || Arrière en cul de poule.
Loc. Cour. Bouche en cul de poule, dont les lèvres sont contractées en rond. || Faire la bouche en cul de poule. Moue (→ La petite bouche).
Cul-de-mulet : variété de figue.
Cul-de-porc (par altér. de cul-de-pot) : nœud de marine au bout d'un cordage.
———
III (Non vulgaire). Par anal.
1 (Emploi général). Fond (de certains objets). Arrière, base, derrière, fond.Vx. || Cul de verre, de pot…Mod. || Le cul d'une bouteille; un cul de bouteille.Adj. (invar.). || Cul-de-bouteille. || Couleur cul-de-bouteille, cul-de-bouteille, vert très foncé.Vétér. (n. apposé). || Cheval cul de verre, dont le fond de l'œil est opaque; qui est atteint de la cataracte.Le cul d'une barrique. || Mettre un tonneau sur le cul, sur cul, le renverser, le vider.
16 Un baril défoncé, deux bouteilles sur cul
Qui disaient, sans goulet, nous avons trop vécu.
Mathurin Régnier, Satires, XI.
17 Quelques grains de sel dans le cul d'un pot de terre cassé.
A. R. Lesage, Don Guzman, I, 5.
18 Il les mouillait d'une goutte de borax, prise dans le cul d'un verre cassé, à côté de lui; et, rapidement, il les rougissait à la lampe, sous la flamme horizontale du chalumeau.
Zola, l'Assommoir, t. I, II, p. 70.
Loc. (Faire) cul sec : vider son verre d'un seul trait, jusqu'au fond.
18.1 Marcheret, taciturne, avalait cul sec de grandes rasades de cognac.
Patrick Modiano, les Boulevards de ceinture, p. 135.
Cul de chapeau. Fond. Fig. Techn. Extrémité de la platine d'une targette, d'un verrou.
Vx. || Cul d'artichaut : fond d'artichaut (cit. 2).
Le cul d'une charrette, d'un véhicule. || Mettre une charrette à cul, le fond par terre.
19 L'escouade poussait la voiture au cul pour soulager le mulet accablé sous la charge des approvisionnements.
P. Mac Orlan, la Bandera, XII, p. 142.
Mar. L'arrière, la poupe (d'un navire). || Ce bâtiment est sur cul, sa poupe est trop enfoncée. || Mettre cul au vent. || Mouille-cul : navire toujours à l'ancre.Le cul d'une poulie, la partie opposée au point d'attache.
Cul-de-basse-fosse. Basse-fosse.
20 Bonaparte déclara que s'il eût été prononcé (le discours de Chateaubriand), il aurait fait fermer les portes de l'Institut et m'aurait jeté dans un cul de basse-fosse pour le reste de ma vie.
Chateaubriand, Mémoires d'outre-tombe, t. III, p. 24.
2 Par métonymie. Fam. || Gros cul. Camion, navire de fort tonnage. 2. Gros cul.
20.1 Pour moi, ce sont des vacances à bord de ce « gros cul » qui ronronne bêtement en traçant ses trois cent cinquante milles dans les vingt-quatre heures avec du pétrole plein le ventre, qu'il court décharger à New York.
Bernard Moitessier, Cap Horn à la voile, p. 25.
3 || Cul-de-four [kydfuʀ] n. m. (1555; au cul du four, déb. XVe; de cul, de, et four).
Archit. Voûte formée d'une demi-coupole (quart de sphère). || Abside romane voûtée en cul-de-four. || Niche en cul-de-four. || Des culs-de-four.
21 Cette tourelle est répétée vers le jardin par une autre à cinq pans, terminée en cul-de-four (…)
Balzac, Béatrix, Pl., t. II, p. 329.
4 || Cul-de-lampe [kydlɑ̃p] n. m. (1448, autre sens; de cul, de, et lampe).
a (1657, Tallemant des Réaux). Archit. Ornement dont la forme rappelle le dessous d'une lampe d'église. || Cul-de-lampe servant de console, d'encorbellement. || Cul-de-lampe sculpté. || Clef pendante en cul-de-lampe. || Des culs-de-lampe.
21.1 Charmantes petites figures en culs-de-lampe au-dessous de la tribune du Comte, représentant les Vertus assises. Au milieu la Justice et la Paix, conformément au Psaume, la joue contre la joue.
Claudel, Journal, 28 mars 1920.
b (1690). Typogr. Vignette gravée à la fin d'un chapitre ou dans les blancs et dont la forme triangulaire rappelle le fond des lampes d'église. || Cul-de-lampe historié.
22 On se sert continuellement du mot cul-de-lampe pour exprimer un fleuron, un petit cartouche, un pendentif, un encorbellement, une base de pyramide, un placard, une vignette.
Un graveur se sera imaginé que cet ornement ressemble à la base d'une lampe; il l'aura nommé cul-de-lampe pour avoir plus tôt fait; et les acheteurs auront répété ce mot après lui. C'est ainsi que les langues se forment.
Voltaire, Dict. philosophique, art. Cul.
22.1 On me pardonne parce que je n'ai pas de vers à donner, et tous offrent des vers.
— Frontispice et culs-de-lampe, bien entendu. Oui, beaucoup de culs-de-lampe pour détacher les pièces de vers les unes des autres, car elles se tiennent comme on fait queue au théâtre avec la peur de ne pas entrer. Si on allait les confondre !…
J. Renard, Journal, nov. 1889.
Lignes en cul-de-lampe, inégales et décroissantes.
5 || Cul-de-sac [kydsak] n. m. (1307; de cul, de, et sac).
a Rue sans issue. Impasse. || Des culs-de-sac.
23 (…) ma chambre était la plus sombre et la plus triste de la maison. Un mur pour vue, un cul-de-sac pour rue, peu d'air, peu de jour, peu d'espace (…)
Rousseau, les Confessions, V.
24 (…) ce dédale inextricable de ruelles, de carrefours et de culs-de-sac (…) qui ressemble à un écheveau de fil brouillé par un chat.
Hugo, Notre-Dame de Paris, I, II, IV.
Par ext. Endroit sans issue (chemin, passage, couloir, galerie, pièce, grotte, etc.).En cul-de-sac : sans issue. || Couloir qui se termine en cul-de-sac.Adj. || Galerie cul-de-sac.
25 Et, avec une hâte fébrile, elle creuse, elle aussi, un couloir nouveau tortueux, sournois, enchevêtré, avec des culs-de-sac multiples.
L. Pergaud, De Goupil à Margot, Le viol souterrain, p. 72.
Ch. de fer. || Voie en cul-de-sac.
b Anat. Fond, repli (d'une cavité anatomique). || Cul-de-sac des plèvres ou culs-de-sac pleuraux. || Cul-de-sac ovarien.Culs-de-sac péricardiques.
c (XVIIIe). Fig. Carrière, entreprise sans issue, qui ne mène à rien. || Cette situation, cette carrière est un cul-de-sac. Impasse. || Nous sommes dans un cul-de-sac.
26 Il me tarde bien de sortir du cul-de-sac de cette œuvre individuelle pour jouir un peu de la vie d'intelligence et d'amitié, mais je n'ose encore compter par semaines sur ce terme que ma lenteur recule sans cesse.
Sainte-Beuve, Correspondance, 347, 12 janv. 1834.
27 Elle faisait finir en cul-de-sac la vie d'un homme qui, à cinquante-deux ans, était encore tout jeune.
J. Romains, les Hommes de bonne volonté, t. V, XVIII, p. 129.
6 Cul-de-jatte. Voir ci-dessus, I., 2., a (cit. 13, 14, et supra).
DÉR. et COMP. Acculer, bacul, basculer, cornecul, cucul, culasse, culbuter, culée, culer, culeron, culier, culot, culotte, éculer, enculer, 1. reculer. V. Bousculer. — Cul-bénit, cul-blanc, cul-brun, cul-doré, cul-rouge, cul-rousset, cul-de-four, cul-de-jatte, cul-de-lampe, cul-de-mulet, cul-de-plomb, cul-de-porc, cul-de-poule, cul-de-sac, cul-terreux (V. ci-dessus à l'article). — Bronze-cul, casse-cul, faux cul (V. ci-dessus à l'article), gratte-cul, 1. gros cul, 2. gros cul, lèche-cul, paille-en-cul, peigne-cul, pose-cul, sous-cul, tapecul, tire-au-cul, torche-cul, trou du cul.
HOM. Q.

Encyclopédie Universelle. 2012.

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